Nous sommes heureux de nous être associés à ce livre blanc collectif initié par le Club Conseil & Coaching d’HEC Alumni.
Plus de 50 cabinets de conseil se sont rassemblés et mobilisés pour décrypter l’impact de l’IA sur le métier du Conseil.
Ce livre blanc a pour double vocation d’être prospectif et opérationnel. Il apporte un éclairage sur les questions suivantes :
- Quelles sont les transformations à l’oeuvre dans les pratiques, les compétences et les modèles économiques ?
- Quel est l’impact réel de l’IA : ses bénéfices, ses limites éthiques et techniques ?
Le Point de vue d’Arnaud Gangloff, PDG, Kéa
Pourquoi la révolution de l’IA nous chatouille-t-elle autant ?
Parce que pour la première fois, une révolution technologique nous touche directement, nous les cols blancs.
L’IA permet déjà aux consultants de gagner 30 % d’efficacité et de « réinvestir » ce temps gagné auprès des clients et de ce qui a le plus d’impact : l’expertise, l’esprit critique et la relation de confiance. Ce réinvestissement corrige par ailleurs un travers du métier, la hausse des tarifs de ces dernières années ayant éloigné les consultants du terrain, au risque d’engendrer une moindre profondeur d’analyse.
Car en effet, l’IA est pour nous l’opportunité de repousser les limites de l’expertise et plus largement de réinventer notre métier. Elle élargit le champ des possibles en termes d’analyse et de détection des nouvelles tendances, opportunités et risques, renforce la créativité en permettant une meilleure compréhension des contextes complexes et des décisions plus éclairées.
Pour autant, l’IA ne doit pas se substituer à l’expertise humaine ou l’affaiblir, ni réduire la qualité de l’engagement de nos consultants. Elle doit contribuer à un incrément de qualité en étant un levier d’apprentissage, de montée en compétence et de valorisation du travail humain. Cet apport est d’autant plus important que nous observons chez nos clients un déplacement de leurs enjeux, de l’analytique vers la transformation.
À nous de travailler efficacement et de manière éthique avec l’IA, de remettre au cœur du travail les connaissances tacites, difficiles à transmettre à l’IA, et de porter une attention particulière à la formation des chefs de projet qui encadrent les jeunes consultants utilisant l’IA.
Dans notre métier de conseil, qui s’appuie sur des individus ultra compétents et expérimentés, on prendrait un risque majeur à devenir un nouveau Charlot des Temps modernes « je prompte, je prompte, je prompte » et tomber dans la boring apocalypse*.
Les consultants doivent devenir des orchestrateurs d’intelligences hybrides qui capitalisent sur la puissance de l’IA pour renforcer leur capacité à apporter un éclairage stratégique, à accompagner la transformation et développer encore plus la relation de confiance avec leurs clients.
*Jonathan Frankle in E. Klein, « Beyond the ‘Matrix’ Theory of the Mind », The New York Times, 2023