Kea & Partners - Partners for transformation

Baromètre Kea 2012 - 2017 : ce qu'attendent les Français !

Mieux comprendre les préoccupations premières des Français et les thématiques fortes qui orientent leurs choix, évaluer la situation hexagonale à l’aune des résultats des pays voisins et construire ainsi les bases d’un projet de transformation : voilà les objectifs qui ont motivé Kea à interroger les Français pendant ces 5 dernières années. La conférence organisée le 5 mai, en partenariat avec l’Observatoire des Valeurs et la Mairie du 4ème arrondissement de Paris, a révélé leurs attentes vis-à-vis de la société et leurs aspirations à la transformer dans un contexte pré-électoral.

Philippe Mondan, Directeur Associé au sein de Kea & Partners, a présenté les résultats, avec des comparaisons internationales à l’appui.

Sur le fondement de la méthodologie déployée par le Barrett Values Center (BVC), les réponses des Français sont interprétées à l’aide d’une pyramide rappelant indirectement celle de Maslow. Elles sont ainsi analysées à travers 7 niveaux de conscience : les trois premiers relèvent de l’intérêt personnel (assurer sa survie, travailler à ses relations, se forger une estime de soi), le quatrième reflète une volonté de transformation et les trois derniers relèvent du bien commun, se mettre au service de l’humanité étant le stade ultime.

Ainsi que le souligne Carine Dartiguepeyrou, Présidente de l’Observatoire des Valeurs, la compréhension de ce baromètre « nous permet d’analyser les dynamiques inscrites dans la durée et de percevoir en quoi elles peuvent se transformer en autant de leviers d’amélioration ».

Le décryptage du baromètre Kea nous apporte sept enseignements sur les perceptions et désirs de nos concitoyens :

1. La famille et l’honnêteté sont les deux valeurs personnelles dominantes des Français depuis 5 ans.

2. Le respect a progressé régulièrement pour devenir en cinq ans la 3ème valeur déclarée des Français.

3. Le chômage est constamment sur 5 ans la première préoccupation des Français.

4. La justice et l’application de la loi sont deux priorités fortes exprimées pour améliorer la société.

5. La justice sociale et la réduction de la pauvreté figurent aussi parmi les souhaits prioritaires des Français.

6. Le savoir-vivre, l’humour et la générosité sont des valeurs personnelles montantes de nos concitoyens. Elles contribuent ainsi à la perception de leur qualité de vie.

7. Le terrorisme renforce les sentiments d’insécurité et d’incertitude des Français qui aspirent à la paix.

L’ENTROPIE CULTURELLE, UNE NOTION CLE

En 2016, les 10 premières caractéristiques exprimées par les Français pour décrire la société sont toutes négatives. La laïcité - première valeur sociétale positive de ce classement - n’arrive qu’en 17ème position.

De fait, si l’expression d’une large majorité de termes positifs constitue un signe de bonne santé sociétale, une prévalence d’appréciations négatives alerte sur les dysfonctionnements et les fractures à l’œuvre au sein d’une nation. "C’est ce que nous dénommons le taux d’entropie culturelle, précise Philippe Mondan. Il reflète les frictions, les peurs et les frustrations générées dans une société donnée. À moins de 10% de termes dépréciatifs dans les réponses, la collectivité est considérée comme saine, entre 30 et 40 ils deviennent graves, au-dessus de 40 elle se trouve en situation de crise. En France, le niveau d’entropie culturelle se révèle extrêmement préoccupant : il s’établit à 65% en 2016, contre 61 en 2015, 65 en 2014 et 2013, 57 en 2012. Il culmine donc à des sommets depuis 5 ans, la seule et éphémère inflexion favorable ayant été constatée à l’issue des attentats de 2015 qui ont entraîné un sursaut de solidarité national ». Et Carine Dartiguepeyrou de compléter : « Nous sommes très loin des valeurs fondatrices de notre République : liberté, égalité, fraternité. D’où l’importance de notre mission. Nous ne pourrons refonder notre contrat social sans un diagnostic solide».

Au sein des démocraties avancées, seule l’Italie affiche une situation encore plus défavorable avec un taux de 73%, le Royaume-Uni atteignant 59% et les USA 56%. Parmi les taux d’entropie les plus faibles, citons le Danemark avec 21% et la Suisse avec 26%.

La comparaison internationale permet d’identifier des caractéristiques spécifiques à chaque pays. Chacune des valeurs désirées représente un trait culturel, une richesse propre à chacun qu’il convient d’analyser et d’utiliser comme levier de transformation et d’amélioration de la santé culturelle.

Si les Français dessinent un sombre tableau de leur nation, ils expriment malgré tout une volonté de résoudre les problèmes et un désir profond d’une véritable transformation de la société…

DU CONSTAT A L’ACTION

« Nos valeurs reflètent ce qui est important pour nous. Elles sont une façon abrégée de décrire nos motivations individuelles et collectives. Aux côtés des croyances, elles constituent les facteurs causaux qui influencent notre prise de décision, rappelle Richard Barrett, président du BVC et fondateur de la méthodologie Cultural Transformation Tool. Et d’ajouter : « Le but de notre démarche n’est pas uniquement analytique, les outils de transformation culturelle sont en effet des instruments de diagnostic puissants qui aident les leaders à mesurer et à gérer leurs cultures. Nous cherchons, sur la base de nos observations, à trouver des idées concrètes et à dégager des solutions dans une logique de co-construction avec les collectivités concernées par nos études ». Et de citer l’exemple d’une opération menée dans le nord de l’Australie auprès d’une communauté aborigène dont le degré d’entropie culturelle a fortement diminué grâce à une série de projets communs déployés à la suite d’une intervention BVC. Les changements se sont révélés radicaux : baisse des violences domestiques, amélioration de la situation de l’emploi, augmentation notable des valeurs collectives positives…

DU COTE DES ENTREPRISES…

 Cette transformation s’avère également réalisable dans les entreprises. Pour élargir les résultats du baromètre au-delà du périmètre de la Nation, Philippe Mondan a en effet présenté leur taux de santé culturelle. Celui-ci est nettement meilleur ! Elles apparaissent comme un refuge, un lieu du bien-vivre ensemble et donc, potentiellement, comme un levier d’action pour recoudre le tissu national.

Une tendance illustrée par les témoignages des invités présents. « De par sa diversité socioculturelle et son empreinte géographique, La Poste est statistiquement assez proche des caractéristiques de notre pays, explique ainsi Muriel Barnéoud, Directrice de l’Engagement sociétal du Groupe. La fracture mise en avant par l’étude de Kea a été perçue très en amont par nos postiers. Elle nous a interpellés et nous amène - dans un contexte de baisse continue des volumes de courrier - à développer des initiatives novatrices, sources de régénérescence du lien social. Je pense au système d’abonnement que nous venons de lancer et qui propose un passage systématique du facteur chez les personnes isolées, qu’il y ait ou non du courrier à distribuer. D’une manière plus générale, notre Groupe est confronté - principalement du fait de la digitalisation des échanges - à un profond changement de paradigme qui remet en cause année après année sa survie même. Afin de répondre à ce défi majeur, nous devons engager un sursaut collectif et transformer profondément notre organisation. Mais pour cela, il faut faire rêver l’ensemble de nos collaborateurs. Quel que soit le niveau où ils se situent, ils doivent regarder dans la même direction ».  Et de rappeler les valeurs portées par la Poste : sens du service, proximité, équité, accessibilité, ouverture et considération.

Ce souci d’action est partagé par Martine Roussel-Adam, Présidente de Chemins d’enfances et du fonds Ashoka qui conclut : « Nous nous situons clairement dans une période de rupture, les élections présidentielles le démontrent. Les solutions passent avant tout par l’éducation, vecteur majeur de notre avenir commun, mais aussi par la responsabilisation de tous. De multiples initiatives fleurissent en ce sens partout en France. Je pense notamment au grand mouvement des entrepreneurs sociaux. En un mot comme en cent, chacun peut et doit être acteur du changement ». Le futur a de l’avenir, à nous de le construire ensemble !

Valeurs : la culture est plus forte que la stratégie

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Exemple de projet portant sur les valeurs

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CTT

Cultural Transformation Tools

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Résultats du baromètre valeurs des Français 2016

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