Kea & Partners - Partners for transformation

Industrie 4.0 :

Kea ouvre la voie

L’industrie dite 4.0, aux yeux de nombreux experts, porte le ferment de la quatrième révolution industrielle.
Le propos ? Tirer parti des avancées technologiques pour générer de nouveaux services mais aussi gagner en efficacité et en adaptabilité face aux besoins du marché. Cela implique un essor sans précédent des robots, des imprimantes 3D, des outils de simulation et de machines plus intelligentes capables de s’autogérer. Cette révolution industrielle est en marche mais ne saurait se limiter au seul impact des nouvelles technologies. C’est pourquoi Kea & Partners lance un cycle de réflexion dénommé « Quart d’heure d’avance Op’ du futur » pour en anticiper tous les impacts. Le coup d’envoi a été donné le 6 juillet lors d’une conférence avec le prospectiviste Jean Staune dans un Fab Lab installé au cœur du 13ème arrondissement de Paris. De quoi allier édification d’un solide socle conceptuel et découverte concrète sur le terrain.

"Pour s’adapter à un monde où tout devient volatile, incertain, complexe et ambigu, il convient de s’y préparer au mieux dès aujourd’hui afin de ne pas le subir demain" a résumé en préalable Stéphanie Nadjarian, Senior Partner chez Kea. De l’enquête réalisée par Kea auprès de 200 dirigeants d’entreprise sur les grandes fonctions impactées par la transformation digitale, il ressort que toutes les fonctions s’y préparent. Enfin presque toutes. "Parmi les grands absents figurent la Direction Industrielle, la Supply chain ou encore les Achats, s’étonne Stéphanie Nadjarian. Seulement 3% de ces fonctions s’y préparent contre 82% des DSI ou 68% des équipes commerciales. Or, ce bouleversement va conduire à repenser totalement les systèmes de production et de distribution". De la recherche et développement aux process et à la qualité en passant par les méthodes, ces nouvelles technologies vont en effet concerner tous les niveaux de l’entreprise industrielle. Les initiatives en ce domaine commencent d’ailleurs à se multiplier. Bosch attend ainsi améliorer de deux milliards d’euros sa rentabilité, grâce respectivement à l’amélioration de sa productivité et aux objets connectés sources de nouveaux services. Safran fabrique un nombre croissant de pièces de moteurs d’avion avec des imprimantes 3D. Amazon utilise des robots de portage Kiva dans ses entrepôts. Ford crée son propre Fab Lab – le "Tech shop" – qui réunit plus de 2000 contributeurs. La SNCF déploie des modules de maintenance prédictive. L’impulsion est en outre relayée par plusieurs Etats, conscients de l’importance vitale du sujet : plan "Industrie 4.0" en Allemagne, "Usine du futur" en France, Made in China 2025" en Chine…

Non pas une mais cinq révolutions
Jean Staune mène depuis longtemps un travail d’exploration sur l’extension quasi infinie du champ des possibles. Il distingue cinq mutations capitales, simultanément en gestation.

Le premier domaine embrasse ce que Jean Staune dénomme les quatre Internet : celui – désormais « classique » – de la communication, celui des objets connectés, celui des objets fabriqués (imprimantes 3D…) et enfin celui de l’énergie ou Smart grid. Interaction homme/machine, cyber santé, construction de maisons ou de prothèses via des imprimantes 3D à un coût vingt fois moindre que l’actuel prix de marché… La liste est longue des avancées récentes et spectaculaires en de nombreux domaines.

Le deuxième volet de sa démonstration concerne la révolution économique. Elle renvoie à la transformation des facteurs de production et à l’émergence de l’immatériel comme vecteur-clé de la création de valeur : « La force intellectuelle a supplanté la puissance mécanique, même si cette dernière demeure irremplaçable… L’or et l’argent constituaient la richesse des temps anciens, le pétrole et le gaz celle des temps modernes, l’information et les données seront la ressource rare des temps post-modernes». D’où l’explosion annoncée de profondes métamorphoses nées de ces fameuses data : la « nouvelle nouvelle » économie qui produira en temps réel des biens personnalisés aux mêmes coûts que les produits de masse et bouleversera le marketing classique, la blockchain qui amènera notamment à transfigurer l’univers bancaire ou encore le Net financement collaboratif de projets innovants…

Tout cela conduira à une inévitable révolution managériale : dans un environnement de plus en plus périlleux, la survie des entreprises passera par une valorisation permanente de l’intelligence collective. Le manager du futur devra d’une part conférer du sens à son action et d’autre part savoir se positionner entre un mode de fonctionnement entrepreneurial libéré ou fermé selon le contexte. Ce qui renverra par ricochet au principe d’auto-organisation : en appliquant un dispositif d’amélioration continue – Essai / Évaluation des résultats / Analyse des problèmes / Modification du processus –, une équipe auto-organisée n’est-elle pas la mieux à même d’obtenir des résultats efficaces ?

Quatrième étape de son raisonnement : si le monde actuel paraît si complexe et porteur de ruptures, c'est parce que notre pensée demeure prisonnière d’une approche déterministe, née du mythe prométhéen de l’Homme maître et possesseur de la nature. Plusieurs décennies nous seront nécessaires pour nous adapter à une vision du monde qui se révèle nettement plus proche de la Théorie du Chaos.

Dernier point et non des moindres, cette nouvelle façon de créer de la valeur préfigure une « révolution éthique » voulue par une génération émergente de consommateurs, les « créatifs culturels ». Leur particularité : ils sont à la recherche d'authenticité et de cohérence personnelle, rétifs à la surconsommation et désireux de donner un sens à leur vie et à leurs achats.

Ces 5 révolutions – technique, économique, conceptuelle, managériale et sociétale – vont, selon Jean Staune, profondément influer sur nos modes de production et de consommation, sur nos comportements professionnels comme privés. Ce nouveau monde – basé sur le numérique, la créativité, l’innovation, l’intelligence – va de fait entraîner une transition équivalente à celle qui permit de basculer du Moyen Âge à la modernité. "N’ayez pas peur, anticipez et construisez votre avenir" a conclu Jean Staune.

Lancement d’un cercle de co-construction
Coopétition, open innovation, Fab Lab, fabrication additive, robotique, auto-organisation et entreprise libérée, management agile et temps réel… Tous ces changements de paradigme impacteront fortement les secteurs opérationnels des entreprises. De quoi mobiliser la réflexion prospective de Kea qui organisera au fil des prochains mois trois ateliers dédiés. L’objectif comme l’a expliqué Mathieu Daude-Lagrave, Directeur chez Kea, est « d’aider l’ensemble des acteurs concernés à anticiper et à repenser leur modèle organisationnel afin de savoir tirer parti de cette donne inédite ». Le premier atelier évoquera le 10 octobre prochain, en collaboration avec Jean Staune, la réinvention des écosystèmes industriels et de la supply chain. Face à l’obsolescence annoncée de la chaîne de valeur traditionnelle, profondément modifiée par l’omniprésence du client et la vitesse exponentielle de transformation de son environnement, comment repenser le modèle de production et distribution ? Comment faire preuve d’agilité, de réactivité et d’adaptabilité ? Comment optimiser la gestion des filières ? Quid de l’économie circulaire ?

Le deuxième atelier – programmé en décembre 2016 – s’attellera à l’évaluation des opportunités créées par les différentes technologies : impression 3 D, robotique, simulation des process, mobilité, réalité augmentée, smart data, cybersécurité… Comment sélectionner les briques adéquates et prioriser les options qui s’ouvrent ? Comment qualifier l’impact et les bénéfices issus de leur déploiement ? Quelles bonnes pratiques identifier ?

Enfin, une troisième session prévue en février 2017 s’attachera à recenser les transformations culturelles et managériales nées de cette révolution : nouveaux métiers et nouvelles compétences, leadership, méthodes innovantes… Propulsées dans l’ère de l’agilité, les entreprises n’ont en effet d’autres choix que de faire évoluer leurs modes de management. Une conférence de clôture, éventuellement enrichie d’une publication, synthétisera la substance de ces réflexions au 2ème trimestre 2017.

Ces bouleversements sans précédents viennent plus que jamais questionner les projets organisationnel, économique et social des entreprises. Une seule certitude à ce jour : les entreprises verront leurs frontières bousculées et toutes leurs fonctions impactées. Leur compétitivité – voire leur survie – sera donc clairement fonction de leur capacité d’anticipation et d’adaptation.

L'agilité : le défi des entreprises industrielles

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11 paradoxes issus de notre enquête sur la transformation digitale

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